Néander, le peuple sans haine ni mépris, le premier volet d’une saga en trois actes imaginée par André Teissier du Cros

Devenus humains deux mille siècles avant nous, ils ont appris à vivre en paix et en symbiose avec la nature. Auront-ils le temps de nous l’enseigner ?

En octobre 2034, des scientifiques en dirigeable venus étudier la canopée surprennent l’existence d’une société inconnue au coeur de la jungle guyanaise. Ils les nomment les « Néanders ». Ce peuple n’est autre que celui des derniers survivants des Néanderthaliens originaires d’Europe. Pour survivre, la prudence voulait qu’ils fuient toujours plus loin pour rester hors d’atteinte de l’Homo sapiens, envahisseur très agressif envers la nature et ses habitants. Mais le comportement pacifique de l’équipe de chercheurs surprend les Néanders et contre toute attente le contact s’établit.

Un récit sur notre humanité pour découvrir les solutions aux défis actuels de nos sociétés.

Guerres, changement climatique, pandémies… On découvre comment les Néanders maîtrisent les techniques pour vivre avec leur environnement sans le détruire ni le polluer. Comment ce peuple multimillénaire a perfectionné la démocratie directe dans le respect de la parole de chacun et la réflexion collective, sans chef d’État, ministres, députés élus ou fonctionnaires de carrière. Ou encore, comment cette société réussit à éviter tous conflits nationalistes, identitaires, religieux ou ethniques.

Vers la redécouverte de l’espoir, du rêve et de la dignité

Tandis que les crises s’aggravent à grands pas dans nos sociétés, les nations réussiront-elles à suivre à temps l’exemple des Néanders ? Ou bien assistera-t-on à l’effondrement de tout ce qui entretient l’Humain dans l’espoir, le rêve et la dignité ?

Avec humour, péripéties sentimentales et enjeux géopolitiques, le récit, sous la forme du journal de bord d’un ingénieur, mène de la nuit des temps au suspense d’une décision à l’ONU, d’une pandémie meurtrière, puis de la menace d’une guerre nucléaire. Rien n’est encore joué…

TOME 2 Qu’est-ce qu’un être humain ?

TOME 3 La seule croissance qui ait un sens est celle de la Vie elle-même

L’auteur

André Teissier du Cros est ingénieur, écrivain et économiste. Président-fondateur du Comité Bastille et membre de l’Académie des Hauts Cantons, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles. 

En parallèle d’une vie professionnelle et associative prospère, il rédige Néander, une saga en trois parties sur notre rapport à l’Humain et au Monde.

Commandez le livre

Sur le site des Éditions Amalthée et dans toutes les bonnes librairies

FORMAT 156 × 234 mm

PRIX 22,90 €

NOMBRE DE PAGES 402

ISBN 978-2-310-04725-8

Extrait

Quand cette histoire a commencé, j’étais inconfortablement couché à plat ventre, suant de chaleur équatoriale sur la plateforme d’observation d’Éleuthère, notre ballon dirigeable. Je m’appelle Pierre Journet. Ce dirigeable m’appartient. Enfin… Disons plutôt que je suis le principal actionnaire de la société qui en est propriétaire. […] 

Harold, le pilote de l’équipe, depuis son poste bien ventilé, nous aidait à choisir où descendre pour commencer nos prises de vues quelque part au-dessus du Haut-Approuague. […] . Je m’étais installé au mieux pour photographier au téléobjectif les insectes visibles dans les hautes branches de la forêt. Helmut faisait de même depuis la plateforme arrière. Une journée de routine en somme. 

Les moteurs coupés, un vague souffle de vent nous faisait dériver très lentement. On visait la canopée [lorsque] j’entendis Helmut s’exclamer : — Regarde ! C’est habité en bas, le long de la rivière ! […] Ils ont de drôles de gueules… 

Comme moi, vous avez déjà constaté l’ampleur du bouleversement que l’humanité traverse difficilement depuis une vingtaine d’années. Un journaliste américain le résume en disant que le monde est engagé dans « un tunnel de désespérance ». Eh bien, la lumière au bout du tunnel a commencé à apparaître au moment où Helmut constata que quelques dizaines d’individus, aperçus dans le lit d’une rivière indéterminée, avient de drôles de gueules. 

À partir de ce moment-là, tout a changé et je dois le raconter. […] Je suis un ingénieur. J’ai vécu dans un monde de faits et de chiffres. […] Après une carrière consacrée à aider l’entreprise humaine à croire qu’elle est profitable […] j’avais un urgent besoin de m’occuper de ceux qui recherchent le savoir pour le savoir lui-même, pour découvrir dans la nature même toutes les raisons de préserver sa merveilleuse diversité. […] Cela avait un prix : notre travail se fait parfois la tête en bas. Va pour la tête en bas. 

Nous enfilons dans le calme les balcons et les galeries. […] Quand nous arrivons au niveau de l’atrium, la foule s’écarte pour nous laisser un passage vers le podium. […] 

Un vieux couple préside. Une dame âgée, de taille moyenne mais droite et étonnamment mince pour une Néander, […] Isaniiha, la Shamane ; et un homme, presque un colosse, dont l’autorité naturelle émane d’abord de sa taille, de sa musculature […] mais aussi de son expression inimitable. […] Absolument impassible, il parcourt lentement de son regard chacun sur le podium, ensuite chacun de notre groupe, et son regard transperce […]. C’est Honajuk. […] D’instinct nous parlons en chuchotant. 

La première leçon est vite apprise : dans un Flihi, si on n’a rien à dire publiquement, on se tait et on écoute. […] 

— Le Flihi va commencer, annonce Honajuk. […] Je vais vous expliquer la situation, et vous pourrez poser des questions avant la séance. [Pour] la première fois depuis que notre cité existe, nous sommes visités par cinq Shuhar’ta, des humains de la surface. Vous savez que depuis toujours nous avons su éviter tout contact avec eux. […] Allons- nous changer la loi et poursuivre les échanges avec [ces] Shuhar’ta [?] 

Tandis qu’il interroge Viilniha du regard, il me vient tout d’un coup à l’esprit que nous sommes entièrement à leur merci, et que leurs lois dictent que tout visiteur de la surface doit être mis à mort. […] 

— Un mot de rappel pour ceux d’entre vous qui n’ont pas encore beaucoup d’expérience du Flihi, poursuit Honajuk. Ne soyez pas pressés de faire des propositions. Écoutez bien d’abord. Voyez comment vos anciens procèdent. […] Rappelez-vous que celui qui se tait ne risque jamais de dire une bêtise.