L’ÉDUCATION  DANS  UNE  RÉPUBLIQUE  LAÏQUE

Éducation Nationale… ou bien Instruction Publique ?

Esquisse des réformes éventuelles de nos lois, de nos programmes et des moyens que nous employons pour rendre des jeunes et des immigrants, devenus des citoyens responsables, capables de réussir leur vie en étant utiles à la société.

Ce document résume les conclusions du Groupe Laïcité, qui s’est réuni dans le courant de l’année 2012 à l’initiative d’Antoine Sfeir † , Membre fondateur et ex-Membre du Bureau. Il a été mis à jour à l’occasion du Colloque du 16 Mars 2016.

LAÏCITÉ  –  NOTIONS  ET  HYPOTHÈSES

La laïcité est le rempart contre les pulsions tribales (au sens défini par Nayla Farouki¹), amplifiées par des prétextes religieux ou idéologiques et d’où partent tous les dangers. Exemples de pulsions :

  • le sens de l’honneur compris comme respect d’une omerta témoignant de sa loyauté et ayant priorité sur la loi commune et sur le respect de la vérité,
  • la loyauté aveugle,
  • le manque d’écoute de l’Autre,
  • le sens du sacré aveugle,
  • le nationalisme,
  • la défense du statut au détriment du contrat,
  • la défense du droit du sang…

Il est proposé deux définitions complémentaires de l’être humain :
Homo Sapiens, le primate parvenu à la station verticale parfaite, au crâne en équilibre sur la colonne vertébrale et à la pratique du langage transmissible par l’écrit. Les anthropologues savent très bien le définir.
L’Etre Humain au sens Humaniste, celui qui est « capable d’humanité », c’est-à-dire qui progresse de lui-même,

  • vers plus ou moins d’humanité → en faisant comme il peut, pour le mieux et quand il a le temps,
  • vers plus de vérité → donc s’interdire le mensonge,
  • vers plus de justice → donc combattre la spoliation, l’abus de pouvoir, la corruption…,
  • vers plus de compassion → donc refus du mépris et de l’indifférence (à la condition que l’autre demande de l’aide ou ait besoin d’assistance),
    Et donc conviction que la dignité humaine n’est pas négociable.

Nous posons comme axiome que seule une République Laïque peut encourager cette capacité d’humanité et décourager les pulsions tribales, et ceci envers un individu de quelque culture que ce soit, tout en sachant que cette culture peut constituer une barrière très dure et violente, cette barrière étant toutefois plus faible voire nulle chez la femme et encore nulle chez l’enfant jusqu’à 3 ou 4 ans.

Important : nous cherchons simplement des propositions concrètes pour l’avenir et non pas à nous mettre d’accord sur les racines passées de nos problèmes actuels. « On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l’a engendré » Albert Einstein

LE CONTEXTE FRANÇAIS ACTUEL

La majorité des Français croient à tort ou à raison que le maintien de cette laïcité pose problème en France quand il s’agit d’intégrer, puis d’assimiler une population immigrée – dans la majorité des cas, quand cette population est d’origine musulmane – et ceci d’autant plus que nous souffrons d’une stagnation économique et d’un chômage endémique, surtout des jeunes.

Beaucoup de nos membres ont déjà dit que le principe de laïcité est mal respecté, voire de plus en plus bafoué, en France.

Comment le futur citoyen, et d’abord l’enfant scolarisé, sera préparé à vivre en citoyen dans une société laïque ?

La majorité des Français croient à tort ou à raison que le maintien de cette laïcité pose problème en France quand il s’agit d’intégrer, puis d’assimiler une population immigrée – dans la majorité des cas, quand cette population est d’origine musulmane – et ceci d’autant plus que nous souffrons d’une stagnation économique et d’un chômage endémique, surtout des jeunes.

Parmi les dites actions condamnables figurent : l’incitation à la haine et/ou à la violence, la condamnation de l’apostat, l’altération physique contre son gré d’un individu y compris l’enfant, la condamnation de l’homosexualité et l’action ou l’attitude de l’homme envers la femme contredisant l’égalité des droits de l’individu sans distinction de sexe.

Pour comprendre tous les concepts que nous venons d’énumérer, notre futur citoyen va d’abord devoir assimiler des connaissances permettant de comprendre les dits concepts ; apprendre à se conformer constamment à des attitudes et à respecter des comportements dans certaines situations.

  1. Le Droit du Sol constitue le fondement du droit du futur citoyen. Celui qui est né en France de parents non-citoyens bénéficie, jusqu’à l’âge légal, de la protection légale de l’enfance, au même titre que ceux nés de parents citoyens. Il deviendra citoyen dès qu’il aura confirmé sa volonté d’être citoyen du pays où il est né. Ce droit ne peut souffrir aucune exception, parce que le nouveau-né, étant par nature innocent, ne peut pas être pénalisé par le contexte de sa naissance. (application du point 2.)
  2. La loi républicaine est la même pour tous les résidents légaux, citoyens ou pas.
  3. Nul ne peut être puni ou handicapé ou tenu pour coupable pour ce qu’il est et pour ce qu’il pense, ceci quel que soit son statut de résidence, y compris l’absence de statut légalement établi. Ce qui exclut donc l’expulsion des ‘sans-papiers’.
  4. Aucun résident sur le territoire de la République, quel que soit son statut de résident, ne peut bénéficier d’une exception à la Constitution de la République et à ses lois conformes à la dite Constitution (la Loi Républicaine) sous prétexte de ses convictions personnelles, de lois et d’interdits provenant de sa religion ou des traditions de sa communauté ethnique ou des règles de toute association à laquelle il appartiendrait. En particulier, le respect de l’Autre tel qu’imposé par la loi républicaine, ne peut souffrir d’exceptions. Ce qui exclut donc le Communautarisme.
  5. Tout individu, citoyen ou non, est résident légal s’il peut prouver son identité et une résidence principale établie par des contrats, qu’il est en règle avec le fisc, et qu’il a un compte bancaire ou bien un compte de contribuable à jour auprès du Trésor Public. S’il apparaît au cours d’une vérification légale qu’il se trouve en défaut quant à telle de ces conditions, il sera puni de la même manière, qu’il soit citoyen ou pas. Il ne peut pas être expulsé du pays plus que le citoyen reconnu coupable de la même infraction.
  6. Un non-citoyen qui désire devenir résident obtiendra un statut de résident légal s’il peut prouver qu’il a des moyens personnels pour subsister pendant au moins X mois, sans l’appoint que représenterait éventuellement son accès à un régime social, et qu’il est capable de passer seul (en l’absence de conjoint ou autre membre de sa famille ou ami) un examen écrit et oral par lequel il confirme :
    • qu’il maîtrise la langue française suffisamment pour se conformer à la Loi Républicaine et pour expliquer ses raisons pour s’établir sur le territoire.
    • qu’il comprend le sens des questions posées,
    • qu’il a compris l’essentiel de la Loi Républicaine, et compris notamment les cas où un interdit (religieux ou autre) prévalant dans son pays d’origine, pourrait contredire cette Loi Républicaine.
  7. Tout jeune citoyen (ou futur citoyen si né en France de parents étrangers), recevra, dans le cadre de la scolarisation gratuite et obligatoire, un enseignement d’introduction à l’histoire des religions (cours de théologie pratique et objective) au cours duquel il sera mis en mesure de juger si les commandements qu’une religion enseigne (celle de sa famille y compris) sont d’authentiques préceptes moraux, ou bien ne sont que des rituels dont le sens originel a été oublié ou bien encore répondait à un contexte qui n’a plus de réalité.
  8. Tout résident appartenant à une religion dont les fidèles, en suivant leurs propres traditions, décident qu’il est qualifié pour avoir l’autorité d’un prêtre [2] de la dite religion, aura obligatoirement reçu un cours sur les conflits potentiels ou observés entre la laïcité et leur religion. Il y apprendra les accords ou conventions qui ont été négociées entre les autorités de sa religion visant à réconcilier, avec la loi républicaine, les devoirs et interdits prônés par sa religion ou son église. Il y apprendra que dans le doute la Loi Républicaine est souveraine.
  9. L’enfant doit apprendre peu à peu, à l’occasion de toute participation à un groupe dès la garderie d’enfants et la maternelle, des règles élémentaires guidant l’attitude et le comportement.  Exemples :
    • Écouter pour comprendre et non pas pour attendre quand on peut en placer une.
    • Comprendre ce que l’autre a dit, ensuite comprendre dans quel but il l’a dit.
    • Choisir des mots interdisant le malentendu, ce qui veut dire le plus souvent éviter les néologismes et mots en …ismes, qui désignent toujours des concepts [3] mal connus, controversés et parfois même inventés dans le but de susciter le malentendu et la controverse dans un esprit partisan. A cette occasion, apprendre à combattre l’esprit partisan à commencer par soi-même.
    • Avant de parler, vérifier que ce qu’on va dire ne prête pas à malentendus (6), est libre de préjugés, de procès d’intentions et de jugements a priori.
    • Parler des absents comme s’ils étaient présents.
    • Parler pour proposer positivement et non pas pour contredire négativement sans rien proposer. Donc utiliser le silence dans le sens constructif : qui ne dit mot consent.
    • Parler pour être compris et non pas pour convaincre. Laisser la conviction éclore librement. Et dans une réunion dont le but est de prendre une décision :
      • Inviter à la réunion ceux et seulement ceux dont l’accord est indispensable pour favoriser le succès ; ce succès consistant en des décisions prises, approuvées, puis notées par écrit, puis décrétées avec indication de comment chaque décision sera suivie.
      • Parler pour soumettre des faits vérifiables et non des opinions. Par cette précaution, habituer les participants au débat à vous entendre dire la vérité et les inciter à en faire de même.
      • Parler sans enthousiasme [4] ou effets de rhétorique, sauf à la rigueur pour souligner qu’on a atteint un consensus.
      • Avancer vers un consensus en procédant par incréments de consensus, où chaque incrément fait appel au bon sens et à la bonne volonté.
      • Matérialiser le consensus par écrit.
    • Laisser du temps au temps : apprendre à laisser un conflit mûrir ou pourrir. Réinventer le Service National : le projet lancé par Hadi Eckert, membre actif, concernant la formation des adolescents et l’utilisation des retraités encore jeunes, a été résumé comme suit.
      Contexte :
      • Le chômage des jeunes atteint un taux de 25%.
      • Beaucoup de personnes en préretraite ou en début de retraite ou en chômage à un âge où il est plus difficile de trouver un emploi, sont sous-utilisées.
      • La délinquance notamment juvénile semble augmenter et est de moins en moins supportée.
      • La police de proximité (ilotiers) diminue.
      • Les zones d’insécurité et de non-droit augmentent.
      • Les conducteurs et le personnel des transports en commun souffrent d’insécurité.
      • Les enseignants ne sont plus respectés et sont parfois physiquement attaqués. Solution : Utiliser les jeunes dans le cadre d’un nouveau Service National pour intervenir sur le terrain, mais pas dans une démarche répressive qui doit rester un des rôles de la police. Les faire encadrer par la Gendarmerie Nationale, et cas par cas, par des cadres de collectivités et agences responsables de missions auxquelles ils participeront. Les collectivités devraient fournir le logis plus repas, plus des rémunérations symboliques. Leur donner pendant ce service national des formations qui permettent en même temps de compléter le bagage scolaire des jeunes et de leur faire rencontrer plus d’occasions de vocations possibles encore insoupçonnées. La Gendarmerie Nationale, à l’occasion de cet encadrement, leur trouverait des missions nouvelles dont l’utilité est préventive ; belle occasion d’une meilleure connaissance du terrain.
    • Intervenir dans une démarche proactive, d’assistance y compris au niveau le plus modeste, de source de renseignements
    • Intervenir pour prévenir et décourager les délits, pour en désamorcer les motivations. On pourra ainsi mobiliser un million de jeunes, soit à peu près mille par département, avec des missions plus concentrées en milieu urbain et suburbain, mais sans négliger le milieu rural qui découvre des risques nouveaux dus à la situation inverse : le dépeuplement.
    •  

Conclusions de nos travaux – Le Comité Bastille :

  • Ne veut pas revenir au seul Droit du Sang,
  • Ne veut pas imposer des conditions beaucoup plus strictes qu’aujourd’hui aux personnes voulant immigrer; mais envisage volontiers que les conditions en soient beaucoup plus proactives, ce qui aurait pour effet de dissuader ceux des candidats qui sous-estimeraient ou tout simplement qui ne comprennent pas les raisons de ces conditions ; mais pourrait avoir pour effet d’encourager certaines candidatures.
  • Ne veut pas abandonner le principe de Laïcité…ce qui en Europe veut essentiellement dire revenir à une « préférence » judéo-chrétienne (Voir Royaume Uni, Allemagne, Suisse, Belgique…).                                       MAIS
  • Veut maintenir plus fortement le Droit du Sol,
  • Veut prévenir à temps de la nature des lois, toute personne qui viendrait à résider en France.
  • Veut agir pro-activement envers l’immigration musulmane en encourageant l’enseignement de la vérité sur les commandements authentiques de leur propre religion, lesquels sont ignorés ou déformés par des mollahs, imams, ulémas souvent autoproclamés [5]
  • Veut que l’école obligatoire et gratuite agisse sur les enfants d’immigrants et sur les mères de ces enfants, en allant vers une meilleure compréhension entre parents et professeurs et vers le respect de l’enseignant.
  • Veut, chaque fois que c’est opportun, faire apparaître à tous, français de souche comme résidents étrangers, qu’aucune des grandes religions ou philosophies n’a jamais prêché le devoir de combattre l’infidèle, de pratiquer des règles fixées pour l’éternité en matière alimentaire, vestimentaire, sexuelle etc., et au contraire a toujours prêché la recherche individuelle de la vérité, l’exigence de justice et d’équité, l’emploi de la raison et de la logique, la tolérance absolue et la compassion envers l’autre.

[1] Nayla Farouki, La Foi et la Raison – Histoire d’un Malentendu, Flammarion
[2] Prêtre au sens générique et non pas au sens catholique ou chrétien.
[3] Libéral, pour les Européens, veut dire politiquement à droite. Libéral en Amérique veut dire socialiste de gauche… Capitalisme a changé plusieurs fois de sens depuis que Marx l’a défini le premier.
[4] Enthousiasme, En Theo Sasmos, possession par les dieux, désignant un état d’extase vrai ou simulé, dans lequel l’individu n’est plus maître de ses propres pensées.
[5] Remarque de Yann Teissier du Cros : je pense qu’il n’appartient qu’aux musulmans français de décider si leurs « prêtres » (cheiks, imams) sont qualifiés ou non pour enseigner le Coran à leurs fidèles. Mais nous pourrions les aider en leur fournissant les outils critiques que l’enseignement français devrait leur donner pour leur permettre de juger si les commandements qu’on leur enseigne ne sont que des rituels dont ils ont oublié le sens ou d’authentiques préceptes moraux. A ce titre, je signale l’effort remarquable de l’Institut Catholique de Paris pour offrir une formation aux imams dans le but de les « sensibiliser au droit, à la laïcité et à l’histoire des religions » (Le Monde daté du 26/04/12). L’article précise que les cours – subventionnés par le Ministère de l’Intérieur – ne font malheureusement pas le plein, d’où la proposition de Yann TC : «  ne pourrait-on exiger que les imams de France aient acquis ces connaissances essentielles avant d’être autorisés à prêcher ? ».
[6] Remarques de Hadi Eckert et André T du Cros : qui tournent autour des imams qui prêchent en France. Leur formation étrangère et leur manque de connaissances du fonctionnement de notre république expliquent – en partie l’attitude de certains français musulmans – singulièrement leur manque de tolérance vis-à-vis des autres religions et leur indiscipline, voire leur mépris à l’égard de nos lois. Je me permets de rappeler deux de mes propositions :

  1. Enseignement du fait religieux dans le contexte de l’école, du collège et du lycée; il ne s’agit pas de catéchisme mais plutôt d’expliquer l’origine historique des religions répandues en France (notamment mais pas uniquement les religions du livre) ; il ne s’agira évidemment pas de définir une de ces religions comme étant « supérieure » aux autres mais au contraire d’inculquer la tolérance aux élèves en matière de croyance ; on expliquera aussi qu’un citoyen français a le droit de ne pas avoir de religion.
  2. La formation de la laïcité des imams appelés à prêcher en France devra inclure des UV de niveau universitaire sur notre constitution et les lois en vigueur dans notre pays (cf. à titre d’exemple, le cursus enseigné à l’Institut Catholique de Paris, ouvert aux représentants de toutes les religions, mais conçu à l’origine pour les futurs imams français). [7] Remarque de Marie-Claude Lemoine – Ce n’est pas à l’Etat de former les imams, rabbins, prêtres, popes, pasteurs et autres, comme certains élus le prônent, mais c’est à l’Etat de leur exiger un cursus de laïcité obligatoire et de s’y plier. Il doit en être de même pour les dérivés intégristes, tels les Evangélistes, Pentecôtistes etc. qui répandent leur haine de la laïcité, des femmes, des homosexuels et minorités au niveau mondial. Je vais donc plus loin : tout religieux ou autoproclamé comme tel, devrait obligatoirement suivre un cursus de laïcité pour avoir le droit de prêcher.