Édito du président honoraire et fondateur du Comité Bastille : André Teissier du Cros

Ukraine, énergie, dette et pouvoir d’achat : tout imposera d’investir plus pour consommer moins.

Ukraine, énergie, dette et pouvoir d’achat : tout imposera d’investir plus pour consommer moins.

Avant l’Ukraine, nous savions déjà que l’énergie allait devenir de plus en plus chère :

  1. Parce que les pics d’extraction et de production des principaux producteurs d’hydrocarbures sont atteints, ou vont l’être bientôt.
  2. Parce que les sources qui ne sont pas encore exploitées imposent de forer très profond, (y compris en géothermie…), donc vont être encore plus chères.
  3. Parce que l’énergie nucléaire va coûter plus cher, que l’on soit pour ou contre. L’EPR nous l’a appris… Les mini-centrales vont certes être petites mais elles resteront coûteuses en euros investis par kilowatts…
  4. Parce que les énergies vertes sont chères en investissements, surtout si on compte les coûts complets d’infrastructure, de distribution, connexion et stockage, car elles ont en général le défaut de ne jamais être disponibles là où et quand on en a besoin.
  5. Parce qu’il faudra économiser l’énergie consommée dans l’absolu, et cela aussi coûte cher en investissements. Ainsi la France consomme trois fois plus d’énergie qui il y a 50 ans, avec une population qui n’a augmenté que de 30 %…
  6. Et en plus, last but not least, parce que l’adaptation au changement climatique et au non renouvellement des écosystèmes va coûter d’autant plus cher que nous prenons du retard ; et avec ce retard nous laissons filer l’accroissement de l’énergie consommée par tête, lequel rendra encore plus coûteux le nouvel équilibre énergétique de l’avenir.

Depuis l’Ukraine, nous avons réalisé qu’en plus nous sommes trop dépendants du gaz et du pétrole russes. Bien sûr nous essayons de faire pression sur la Russie, parce qu’elle, de son côté, a besoin de l’argent que nous lui payons en échange… mais cela ne constitue pas une politique, et ne résout rien sur le long terme.

Nous dans l’UE avons au moins un avantage : nous avons appris que dans une guerre il n’y a que des perdants, et que la guerre crée plus de problèmes que de solutions. Malheureusement, non seulement l’Amérique ne l’a pas encore compris, mais la Russie non plus. C’est étonnant si on considère que sa population est passée de 212 millions en 1913 à 146 millions aujourd’hui. Même si cela est dû en partie à des territoires perdus, c’est surtout le résultat des victimes de la guerre et de ses conséquences.

Et la dette dans tout ça ? Tant que l’inflation est voisine de zéro tout le monde la déplorait mais personne ne lui attribuait vraiment d’importance. Mais l’inflation s’est réveillée, en partant d’Amérique comme d’habitude, et les prix de l’énergie viennent l’accélérer. Aïe !

Les taux d’intérêt qui vont mécaniquement augmenter avec elle vont mettre de nombreux pays en situation d’impasse du service de la dette. On va dans le mur…

Et puis il y le budget de la défense qui devra augmenter d’autant plus que nous voudrons diminuer notre dépendance des États-Unis…

La France est très endettée. La pandémie a aggravé les choses. Mais elle est loin d’être la seule…

Pour autant, le pouvoir d’achat va souffrir.

Nous disons ici depuis 2016 qu’un grand moratoire devient incontournable.

Il portera sur toute la dette mondiale accompagné d’une profonde réforme monétaire, portant sur l’ensemble des prélèvements obligatoires et non seulement des impôts et taxes. Le tout sera financé par un large appel à l’épargne publique hors marché boursier, permettant une large relance de l’activité par l’investissement à très long terme et le début d’une transition de l’impôt sur le revenu vers l’impôt sur le patrimoine et donc sur l’impact écologique, voir notre Plan Bastille. Son chantier sera celui d’une massive transition énergétique biocompatible, provoquant une forte création d’emplois en même temps qu’une diminution des inégalités.

La France peut être la première en Europe à proposer cette réforme systémique introduisant un nouveau paradigme politique et social.

La nouvelle croissance sera alimentée par l’investissement, et non plus par la consommation. Au contraire, nous allons investir plus pour consommer moins. Il n’y a pas d’alternative… pour quelques décennies. Voir sur ces questions nos trois vidéos sur YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=hPdWs2Mao1s&t=2s
https://www.youtube.com/watch?v=nx9kmZN_2n8
https://www.youtube.com/watch?v=zGgBRyzxbEg

André Teissier du Cros, président honoraire

Lettre ouverte à Emmanuel Macron, Président de la République

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ÉDITO DU PRÉSIDENT

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